CMJ de Sarreguemines : Élus en herbe

Créé en 1998, le conseil municipal des jeunes de Sarreguemines toujours a été reconduit. Il permet à des pré-adolescents de s’engager pour leur ville.

Document remis

« Avant que Lucile vienne en classe pour nous parler du CMJ, j’avais encore une idée assez vague du rôlede ce conseil à Sarreguemines, raconte Amélie Palandre. Mais sa présentation a éveillé mon intérêt. Je voulais, m’engager pour ma ville ! » En 2018, elle a été élue au conseil municipal des jeunes (CMJ) à l’école Beausoleil. lnscrite dans les commissions action sociale et environnement, elle a découvert, au fil des réunions mensuelles avec les animateurs Lucile Roth et Axel Nzikou, ce qu’on attend d’elle en sa qualité de jeune élue. « On apprend à organiser nos idées pour les présenter, on en rediscute et on essaie de les améliorer. » L’enjeu est aussi de dépasser les initiatives destinées à un public d’enfants et d’adolescents.

Le CMJ est une affaire sérieuse en mairie de Sarreguemines. « Il s’agit d’un outil de concertation et de création de projets publics. L’impulsion, les idées, elles proviennent des jeunes, et non des conseillers adultes », insiste Denis Peiffer, adjoint chargé notamment de la jeunesse et de la vie associative, quand il décrit le fonctionnement du CMJ de Sarreguemines. C’est que ce conseil, qui permet à des jeunes de 8 à 12 ans de faire leurs premiers pas dans l’action publique, se veut à la fois un outil d’écoute de la jeunesse sarregueminoise et un moyen de développer son sens citoyen. Ces 35 conseillers, aussi nombreux que les adultes, sont issus de toutes les écoles de la commune, afin d’assurer la représentation de chaque quartier. Seule différence avec leurs aînés : « Ni maire, ni adjoint chez les jeunes conseillers. Tous ont un statut équivalent », précise Denis Peiffer.

Encadrer les jeunes conseillers
Pas de budget alloué non plus pour le CMJ. « Nous écoutons les propositions, et choisissons celles qui nous semblent être finançables et oeuvrer dans l’intérêt de la population de Sarreguemines », ajoute l’adjoint au maire. Lucile Roth, animatrice du service jeunesse et référente CMJ, occupe un rôle central dans ce processus. C’est elle qui invite les jeunes élus à se répartir entre 3 commissions, environnement, action sociale et sports et loisirs, puis anime les réunions. Elle pousse ces adolescents à persévérer pour aller au bout de leurs projets. Et les faire grandir à travers cette expérience.

Redécouvrir Sarreguemines
Les rencontres avec les seniors jusqu’en 2019, autour d’une activité de jardinage ou tout simplement d’un déjeuner, en sont l’illustration : « Je garde un très bon souvenir de ces moments partagés avec ces personnes, dont la plupart vit depuis très longtemps à Sarreguemines. C’est un peu la mémoire vivante de la ville », commente Amélie Palandre.

Au cours de ces deux dernières années, la jeune conseillère s’est sentie mieux informée,  et a redécouvert sa ville, tant sur ses aspects positifs que négatifs. La création d’un jeu autour du héron, symbole de Sarreguemines, lui ont permis de « définir des lieux, des causes à défendre » dans la ville. En revanche, elle s’est rendu compte que « la Sarre beaucoup plus polluée que ce qu’on peut penser », en ramassant les détritus sur les berges du fleuve. De cet engagement au CMJ, elle a tiré une source de satisfaction, en voyant ses idées se concrétiser. Elle comprend mieux le rôle des conseillers adultes à présent. Denis Peiffer, de son côté, encourage ces jeunes à prolonger leur engagement en s’inscrivant au conseil des jeunes citoyens sarregueminois, au terme de leur mandat au CMJ.

Yves  Junger

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