Nicolas Peifer, 2ème médaille d’or en double

De retour de Tokyo avec une médaille d’or dans sa poche,
Nicolas Peifer a été honoré en mairie de Sarreguemines.

© Mairie Sarreguemines

Depuis 2012, lorsqu’il fait le déplacement et participe aux compétitions des jeux paralympiques, Nicolas Peifer a pris une habitude : celle de revenir avec une médaille. Joueur professionnel de tennis en fauteuil, il est l’un des plus grands talents mondiaux de la discipline, a remporté chacun des 4 grand-chelems, toujours en double. Le simple lui porte moins chance : finaliste à l’Open d’Australie, à Wimbledon et à l’US Open, il n’a jamais réussi à s’imposer. Engagé en simple et en double à Tokyo, l’histoire se répète : son parcours en simple s’arrête en quarts de finale, où il perd face à l’Anglais Alfie Hewett, numéro 2 mondial et future médaille d’or.

Résolument, Nicolas Peifer préfère partager ses victoires : avec Michaël Jeremiasz, Frédéric Cattaneo et aujourd’hui Stéphane Houdet, il a remporté 7 tournois du Grand chelem et 3 médailles paralympiques, dont 2 en or. À Tokyo, il a remporté la médaille d’or avec Stéphane Houdet, dans une finale à suspense. « On a fait un très très gros match, raconte Nicolas Peifer. Après avoir remporté le premier set, assez équilibré, sur le score de 7 jeux à 5, les Anglais qui nous faisaient face ont accéléré le jeu. On a perdu 9 jeux de suite, avant de débreaker et de s’imposer au tie-break, 7 jeux à 6 ! »

Une émotion unique
Cette médaille représente pour lui une émotion toute particulière, qui n’a rien  voir avec ce qu’il peut vivre en tournoi tout au long de la saison : « Les jeux, c’est une autre dimension, reconnaît-il. L’ambiance est différente, et gagner est encore plus impressionnant qu’en grand chelem. » Marc Zingraff, maire de Sarreguemines, s’est souvenu de la première fois où il a croisé Nicolas Peifer sur un court de tennis. « Au début, je ne savais pas si, à Sarreguemines, on serait capable d’entraîner correctement un joueur de tennis en fauteuil », a-t-il reconnu. Mais l’attitude du jeune joueur a balayé ces doutes. « Aujourd’hui, tu donnes l’envie de se dépasser aux jeunes, de s’inscrire et de s’impliquer dans un sport. »

Objectif Paris 2024
En jouant avec Stéphane Houdet, Nicolas Peifer a trouvé son binôme, le joueur qui l’accompagne dans ses plus grand succès. « On s’entend et on a tous les deux une forte volonté de gagner, raconte le Sarregueminois. En fait, sur le court, on se pousse mutuellement vers le haut ! »

Nicolas Peifer a remporté 5 de ses Grands-chelem avec Stéphane Houdet, et ses 2 médailles d’or, à Rio en 2016 et Tokyo cette année. Il connaît très bien les qualités de son binôme, son « jeu très complet » et le rythme qu’il imprime au cours du match. Des défis, Nicolas Peifer s’en pose de nombreux, à différentes échéances, en simple et en double. Mais quand on lui parle des jeux paralympiques de Paris en 2024, son regard s’illumine d’un coup : « C’est mon objectif à long terme ! dit-il avec un enthousiasme décuplé. Défendre mon titre en double, devant un public français, cela me motive énormément ! » Il aura alors 33 ans, et la même motivation qu’en entrant sur les courts de Sarreguemines, où il a commencé à jouer dans son fauteuil.

Texte : Yves Junger

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