Remodeler les campagnes autour de Sarrebourg

Dans les zones rurales autour de Sarrebourg, les pouvoirs publics agissent pour réintégrer des haies, arbres et espaces d’élevage entre les parcelles cultivées. Par respect pour l’environnement et pour l’homme.

CCSMS

Au cours des dernières décennies, 70 % des haies ont disparu dans les campagnes, et le mouvement se poursuit. Il traduit l’abandon de l’élevage pour les cultures céréalières, au rendement et à la rémunération souvent supérieure, mais aussi plus épuisantes pour les terres. Ce mode de culture a d’autres conséquences, comme des coulées de boue en cas de précipitations abondantes.

Depuis 2015, des programmes sont mis en place, notamment pour replanter des haies entre les parcelles cultivées, notamment sous l’égide du Parc naturel régional de Moselle. Et au cours de la dernière année écoulée, les encouragements en ce sens se font plus pressants, et émanent du ministère de agriculture. Une enveloppe d’un milliard d’euros a été débloquée, et doit soutenir ces actions au niveau national, jusqu’en 2024. Le programme « plantons des haies ! » s’apparente à un plan de plantation clef en main, accompagné d’un  appui technique et d’une aide à l’investissement. En Moselle, l’objectif est de lancer des chantiers, soit dans le but de replanter 30 arbres, soit 100 mètres linéaires de haies.

L’agroforesterie, qui consiste à associer la production de cultures, d’élevage et la plantation de haies ou d’arbres autour des parcelles, n’est pas une invention récente. Elle représente au contraire le mode de culture traditionnel, pratiqué pendant des siècles, mais qui s’est avéré peu pratique dans un contexte de mécanisation. Cependant, ses bienfaits n’ont été établis que dans des études récentes. Il a été démontré que l’agroforesterie permet de lutter contre l’érosion des sols, et en faveur de la production de bois comme de la diversification des revenus. Elle permet également de limiter l’infiltration de l’eau dans les sols et de briser le vent.

Dans la région de Sarrebourg, on agit déjà
La Communauté de Sarrebourg-Moselle Sud, qui s’est engagée dans les projets « trames vertes et bleues » depuis 2019, agit en ce sens. 86 actions y ont été recensées en 3 ans, soit un inventaire des prairies remarquables du territoire, réalisé par le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Lorraine. L’objectif premier de la CCSMS est d’agir en faveur de l’écologie, et de maintenir la biodiversité présente sur son territoire. 

Dans ce but, elle organise des passages pour la faune ; et à ce titre, elle peut se porter acquéreur ou signer des baux sur certaines prairies, en des points prédéfinis et très précis. Plusieurs hectares de prairies ont ainsi été actés en 2020, notamment dans le vallon de Naubach. La Communauté de communes intègre une volonté de maîtrise et d’usage du foncier, et un travail en collaboration avec le CEN, dans le but de gérer cette richesse environnementale sur le long terme.

Sarraltroff, commune pionnière
À l’hiver 2020, la maire de la commune a fédéré une équipe de bénévoles qui ont replanté des haies au pied de la colline du Blechberg. Une initiative qui peut faire revenir une espèce d’oiseau locale dans la contrée. Par ailleurs, 500 plants ont été mis en terre en direction d’Oberstinzel afin de créer 300 mètres de haies. Garnis de petits arbres morts ou d’acacias, ils attirent une faune nouvelle. La commune possédait déjà un bocage particulier, les « haies murger », petits murs de pierre peu à peu recouverts de végétation, qui accueillent des insectes et lézards, qui à leur tour amènent lièvres et chevreuils.

À présent, ces projets se multiplient dans le secteur de Sarrebourg. Azoudange, Château-Salins, Vic-sur-Seille et Albestroff s’engagent dans cette voie. Quand cela est possible, les élèves des lycées agricoles participent, afin de leur inculquer ces nouvelles valeurs agricoles. À présent, l’objectif est de lancer des projets semblables avec les agriculteurs et les communes. Pour que tous replantent des haies de manière harmonieuse, et ainsi éviter des déséquilibres sur le territoire.

Texte :  Yves Junger

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