Rencontre avec Marcel Adam

Rencontre avec Marcel Adam, grand nom de la chanson en « Grossregion »

Photographie : Marcel Adam. (Crédits : TELEX – E.H.)

Marcel Adam est né à Sarralbe en 1951. Auteur, compositeur, interprète, il est devenu, au fil des années, une figure incontournable de la scène de la « Grossregion » et au-delà. Surtout reconnu en Allemagne, cet artiste multilingue a accepté de revenir avec nous sur ses débuts, sa carrière et ses projets d’avenir.

La passion pour la musique qui anime Marcel Adam remonte à son plus jeune âge. À l’époque, il reçoit en cadeau un transistor. « C’est le plus beau cadeau qu’on m’ait fait quand j’étais plus jeune ! Je l’écoutais jour et nuit. » raconte-t-il. Une anecdote en platt vient illustrer son attachement quasi magnétique à l’appareil : « Quand j’étais jeune, à la question « Où est Marcel ? », la réponse était souvent « Il est là où tu entends le transistor »» raconte-t-il en souriant. Sa première rencontre avec les chanteurs de l’époque est une révélation. « Il y avait les quatre grands « B » : Brassens, Brel, Bécaud et Béart. » Les premiers disques qu’il s’achète sont de Brassens, Hugues Aufray, et Johnny Hallyday. Plus tard, alors qu’il est à l’internat, il s’inscrit à la chorale et commence à écrire de petites poésies. « Pour ma communion, alors que les garçons de mon âge demandaient plutôt un vélo, j’ai demandé une guitare. » Et c’est sur cette guitare qu’il commencera à jouer, grâce aux quelques accords que certains de ses amis lui auront appris.

Lorsqu’on lui demande comment il a su qu’il voulait faire carrière dans la musique, il plaisante : « Je n’ai jamais su ! ». En effet, sa carrière n’a pas débuté du jour au lendemain ; c’est plutôt une suite d’évènements qui vont diriger cet autodidacte vers le parcours que nous lui connaissons aujourd’hui. « Je n’étais pas un très bon guitariste, je grattais dans mon coin. Vous savez, à l’époque, il n’y avait pas Internet pour trouver tous les accords ! » Alors qu’il travaille dans la pub, il commence à écrire de petits textes pour des amis ou des fêtes de famille. Mais l’évènement décisif de son début de carrière est sans aucun doute sa rencontre avec le musicien Wolfgang Winkler. Rencontre décisive mais également cocasse, puisqu’elle se déroule dans la salle d’attente d’un dentiste ! Apprenant que Marcel Adam est musicien, Wolfgang Winkler lui propose de répéter avec lui. De fil en aiguille, à ses côtés, il rencontre des gens, et « entre dans le milieu ». Ensemble, ils feront 800 concerts en 13 ans. En parallèle, Marcel Adam décide de créer une société de musique, qu’il va garder 20 ans.

Il décrit lui-même son style musical comme celui d’un « chansonnier, troubadour ! Un peu de tous les rythmes, mais où les textes et la voix sont en avant. » Et quand on lui demande le thème de ses chansons, il répond sans hésiter : « 80% ou 90%, c’est l’amour. Des fois, je raconte des histoires vécues, d’autres fois, j’en invente. J’ai aussi fait des chansons engagées, pour réfléchir, pour rire, des chansons tristes… » De plus, Marcel Adam a grandi en parlant plusieurs langues. C’est pourquoi il chante et écrit aujourd’hui en français, en platt et en allemand. « Le français, c’est la langue la plus facile à chanter. En allemand, il y a d’excellents textes, mais pour moi, c’est plus difficile à apprendre par cœur. Le platt, c’est difficile à écrire, mais une fois que c’est écrit, ça donne une certaine satisfaction. Vous savez, j’ai toujours un effet « ahh ! » avec les chansons en platt. Les gens se reconnaissent dans les histoires que je chante… »

Marcel Adam décide, il y a quelques années, de s’éloigner des studios et de se consacrer à la scène. Il publie son album Merci, censé être le dernier. Mais une autre raison, plus profonde, s’ajoute à celle de son désamour des studios : « Je voulais arrêter les disques parce que je n’avais pas envie de me répéter. J’ai fait 200 chansons, j’ai raconté ce que j’avais à raconter. » En parallèle, il donne toujours des dizaines de concerts par an. « Je préfère de loin les concerts ! Entre les chansons, je raconte des histoires, je provoque les gens. Ça vient de mon côté comédien. » ajoute Marcel Adam, qui a écrit, chaque semaine pendant 14 ans, des sketches en platt pour la radio sarroise SR3. Mais la scène, c’est aussi et surtout le moyen d’être en lien avec son public, auquel il est très attaché. « Ces gens-là viennent, et nous aiment. Ils nous donnent de l’amour. » Pourtant, depuis sa décision d’arrêter les studios, il a enregistré un autre album, intitulé Pour le plaisir. En effet, celui-ci a de particulier que la proposition émanait de son fils, Yann Loup Adam, musicien lui aussi… « Vous savez, c’est mon fils. Je n’en ai qu’un… » En résulte un album familial teinté d’émotions, composé de 16 titres dont quatre nouvelles chansons – deux en allemand, deux en français – et 12 reprises de hits français et allemands.

Aujourd’hui, Marcel Adam a mis fin à sa société de musique et travaille dans celle de son fils. À 68 ans, et après une année 2019 chargée, il souhaite progressivement diminuer le nombre de dates, d’une centaine de concerts par an à « 70 l’an prochain, et 50 l’année d’après ». Quant à ses projets, Marcel Adam sait ménager le suspense. « Il y a peut-être quelque chose en route, mais ça va dépendre de beaucoup de choses… »

E.H.

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