Sarrebourg : La chaufferie biomasse bientôt en service

Financé, le réseau de chaleur urbain est en cours de mise en place, et pourrait être opérationnel dès janvier 2022. Il desservira en priorité les bâtiments publics : écoles, hôpital, centre socioculturel.

AdobeStock

Le projet a rapidement suscité l’intérêt. Suite à une collecte de fonds lancée en ligne, 200 000 € ont été récoltés, auprès de 125 prêteurs. Le taux d’intérêt de 5 à 5,5% annuel était probablement l’une des raisons de ce succès. L’implication des particuliers était une ambition à la fois forte en symbole et minime dans le financement du projet, puisque le coût de l’installation est évalué à 12 millions d’euros.

L’objectif lui aussi a beaucoup plu : remplacer l’utilisation des énergies fossiles par une énergie locale amènerait la ville de Sarrebourg sur le chemin de l’indépendance énergétique. D’autant plus que le recours à la biomasse, des plaquettes de bois prélevées dans un rayon de 50 kilomètres autour de Sarrebourg, promet un tarif concurrentiel et stable, bien moins volatile que les énergies fossiles, argument principal mis en avant par les collectivités locales. La délégation de service public octroyée à ENGIE, sous le nom de « Sarrebourg Energie », garantit cette stabilité pendant les 20 ans du contrat. Enfin, l’emploi vient s’ajouter aux bonnes nouvelles : la future chaufferie biomasse de 5 mégawatts aura besoin de quelques employés pour fonctionner toute l’année. 90 emplois en équivalents temps plein seraient créés, selon Roland Klein, président de la Communauté de communes, dont 8 dédiés directement à la production du combustible, les plaquettes forestières.

Pour chauffer les bâtiments publics
Commencé fin mars 2021, les travaux de création du réseau de chauffage urbain sont en cours. Ils traverseront plusieurs quartiers de la ville de Sarrebourg : Gérome-Mangin, Sèvres-Hôpital, Les Jardins-Pons Savari et Messmer-Labroise. Le chantier devrait se terminer en octobre, par les 2 derniers quartiers cités. 8 kilomètres de tuyaux doivent être installés dans le sous-sol, au cours des mois à venir.

La mise en service de la nouvelle chaufferie pourrait quant à elle avoir lieu dès septembre. Elle desservira 2 900 équivalents logements. Mais elle n’est pas destinée aux particuliers. « Ce ne sont pas des logements qu’on va chauffer. On va chauffer les services de la commune, les bâtiments du 1er régiment d’infanterie, l’hôpital, les maisons de retraite, lycées et collèges… » rappelle Alain Marty, maire de Sarrebourg. Ce mode de chauffage apportera une fourniture en chaleur continue tout au long de l’année. Une eau chauffée à 105° sera acheminée par le réseau sous-terrain. L’eau, après avoir échangé sa chaleur, retournera vers la centrale pour être à nouveau chauffée. 

Un plan climat ambitieux
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan climat de la CCSMS. Le recours à la biomasse permettra d’améliorer significativement l’impact environnemental en réduisant l’émission dans l’atmosphère de plus de 123 000 tonnes de dioxyde de carbone sur les 20 ans de la durée du contrat. Même les poussières et cendres rejetées lors du processus de production de chaleur sont récupérées et revalorisées, afin d’entrer dans une stratégie de développement durable. Cette nouvelle chaudière bois doit être installée rue du Colonel-Beltrame. Si le maire de Sarrebourg accentue sa volonté de s’orienter dans une démarche de transition écologique, pour Nicolas Dumas, directeur de territoire Est ENGIE souligne surtout que « Ce réseau de chaleur est un bel exemple d’économie circulaire. Le recours à ces énergies renouvelables garantit une distribution de chaleur en continu, et respectueuse de l’environnement. »

Texte : Yves Junger

Articles similaires